Ecologie Réunion

Paille en queue

Qui sommes-nous ?

Depuis 35 ans, Ecologie Réunion, association agréée au titre de la protection de l’environnement, participe activement à la vie citoyenne, aux débats et prises de décision autour de toutes les questions influençant notre environnement : agriculture, qualité de l’eau, de l’air, aménagement du territoire, éducation et sensibilisation, consommation, énergie et santé.

Notre philosophie

Se tenir informés des progrès, des techniques, ne jamais cesser d’apprendre tout en gardant en mémoire les expériences du passé, c’est ainsi qu’Ecologie Réunion agit pour un développement préférable.

Le terme de « développement durable », trop galvaudé, fait place au « préférable ». Défendre un développement préférable c’est choisir, parmi toutes les propositions acceptables étudiées, la meilleure solution, réalisable à ce jour.

Publicités

Quand les lobbyings s’emparent du « bio »…

Finalement, l’étiquette « AB » correspond-elle vraiment à l’image que l’on s’en fait ?
Est-ce que bio rime avec moins d’émission de gaz à effet de serre ?
Est-ce qu’un poulet bio est garanti sans antibio ?
Hélas, nous sommes aujourd’hui loin des fondements de la notion d’agriculture biologique, née en Europe en réaction à l’agriculture chimique et productiviste. Au début des années 1960, un réseau de petits paysans producteurs de bio et de consommateurs crée Nature et Progrès.  Leur charte a inspiré celle de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (Ifoam), adoptée en 1972, qui associait aux critères agronomiques des objectifs écologiques, sociaux et humanistes.

Mais, le 21e siècle est passé par là et nous sommes dorénavant à l’ère du bio « industriel ».
En effet, la commission européenne a assoupli les règles. Depuis le 1er janvier 2009, un poulet « bio » peut avoir grandi dans un poulailler de 25 600 places, avoir eu droit à sa dose d’antibiotique une fois par an, des traitements antiparasitaires sans limite, mangé du soja bio importé contenant jusqu’à 0,9% d’OGM sans perdre le label. Mais rassurons nous, à l’âge adulte, ils peuvent s’ébattre en journée sur 40 cm² chacun, évidemment leur bec sont un peu retouchés pour éviter les accidents dus à la promiscuité.
Pour les productions végétales, même credo, l’Europe vient de diluer le cahier des charges. Le vin n’y échappe d’ailleurs pas, depuis le 1er aout 2012, l’ajout de levures est autorisé…. Vive la quantité que dis-je la qualité bien sûr, c’est marqué sur l’étiquette.

Heureusement notre insularité et notre éloignement nous protège encore de ce genre de dérives. Mais d’ailleurs ou en est le bio reunionnais ?

Aurore Bury.

PS : A lire pour approcher une autre réalité et se construire la sienne :

 

Philippe Baqué,  édition Agone

Point de vue

Bernard Deranchin, Président de l’association Ecologie Réunion.

Canne à sucre : développement préférable

Dans notre association, nous préférons parler de développement « préférable » plutôt que « durable ». Pour aller de l’avant sans hypothéquer l’avenir, il faut faire des choix en fonction des connaissances et des technologies disponibles.

Dans le domaine agricole, la culture de la canne à sucre répond aux critères du développement préférable. Elle consomme peu d’intrants chimiques par rapport à la biomasse produite et son système racinaire très développé consomme la quasi-totalité de ce qui est apporté dans le sol pour favoriser sa croissance.

Il faut encourager l’usage de fertilisants organiques, qui pourraient permettre, à terme, de se passer d’engrais et d’amendements chimiques importés : effluents d’élevage, cendres de bagasse, écumes, vinasses…

D’autre part, la canne ne nécessite pas d’insecticide chimique, puisque son seul vrai prédateur, le ver blanc, est combattu de manière biologique par le champignon beauveria. Des herbicides sont en revanche utilisés : toutes les précautions doivent être prises par les planteurs pour éviter les surdosages. Mais les quantités d’herbicides déversées sont finalement faibles : la canne couvre rapidement le sol, empêchant les mauvaises herbes de se développer après quelques mois de repousse.